Que garantit vraiment la certification APSAD d’un prestataire ?
La certification APSAD garantit qu’une entreprise a été auditée par un organisme indépendant sur un référentiel précis, pour une activité précise et, en télésurveillance, pour une station précise. Elle ne couvre ni tout ce que fait l’entreprise, ni une installation qui s’écarte du référentiel. Avant de vous y fier, vérifiez sur la liste publique du CNPP le domaine, l’adresse et le statut du certificat.
APSAD, CNPP, CNPP Cert. : qui fait quoi derrière le sigle ?
À la question « que veut dire APSAD ? », la réponse la plus utile n’est pas un développement de sigle. Aujourd’hui, APSAD est une marque collective, déposée auprès de l’office européen de la propriété intellectuelle, qui appartient au CNPP. Le référentiel général de la certification, le B0 dans son édition de juillet 2026, le dit en toutes lettres.
La marque, le certificat et le droit d’afficher le logo relèvent d’entités différentes. Les confondre fausse la lecture de tout le reste.
Le CNPP est une association créée en 1956, reconnue d’utilité publique en 1961, dont la majorité des membres sont des sociétés d’assurance adhérentes de France Assureurs. Cette filiation explique que la marque revienne si souvent dans les contrats d’assurance.
CNPP Cert. est l’organisme qui certifie. Le CNPP lui a concédé une licence d’exploitation de la marque. Il est accrédité par le COFRAC sous le numéro 5-0547 et prend les décisions d’attribution, de suspension et de retrait.
Les entreprises certifiées, enfin, ont le droit d’utiliser la marque, et ce droit est étroit. Le B0 le limite « strictement » aux services pour lesquels la certification a été accordée. Une entreprise certifiée pour la télésurveillance n’a aucun titre à présenter ses poses de caméras comme « APSAD ».
Règle, certification, document technique : qui s’engage sur quoi ?
Le mot « norme APSAD » circule beaucoup et ne désigne rien de précis. Le système repose sur trois familles de documents, qui n’engagent pas les mêmes personnes.
| Famille | Exemples en sûreté | Ce que c’est | Qui s’y engage |
|---|---|---|---|
| Règle (R) | R31 télésurveillance, R81 détection d’intrusion, R82 vidéosurveillance | Une règle de prescription : ce qu’un système ou une station doit respecter | Personne, tant qu’un contrat ou une certification n’y renvoie pas |
| Document technique (D) | D32 cybersécurité, D83 contrôle d’accès | Un référentiel technique complémentaire | L’entreprise certifiée, dans le périmètre de sa certification |
| Certification de service | I31 (stations de télésurveillance), NF367-I80 (installation et maintenance), C60 (pose de protections mécaniques) | Un audit de l’entreprise et de ses réalisations, suivi dans le temps | L’entreprise titulaire, pour le domaine et le site certifiés |
La certification des installateurs de sûreté électronique porte un nom composé : NF Service et APSAD NF367-I80. Elle couvre trois domaines, détection d’intrusion, vidéosurveillance et contrôle d’accès, que l’entreprise peut obtenir ensemble ou séparément. Les règles R81 et R82 qui la fondent pour l’intrusion et la vidéo sont traitées dans notre guide sur la certification NF A2P et les exigences d’assurance, avec la différence entre un matériel certifié et une installation certifiée.
Le B0 précise un dernier point, peu connu : la certification APSAD intègre les exigences génériques de la norme EN 16763, consacrée aux prestations de services pour les systèmes de sécurité incendie et de sûreté. Un certificat APSAD inclut donc ce socle européen et y ajoute les exigences de ses référentiels particuliers.
Raccorder une alarme à une station certifiée ne dit rien de la qualité du raccordement lui-même. Zones transmises, voies de secours, images associées : c’est ce que nous vérifions avant toute télésurveillance de locaux professionnels.
Que prouve le certificat d’un installateur, et que laisse-t-il ouvert ?
Pour un installateur, le CNPP détaille ce qui est examiné. Côté NF Service : la relation commerciale, la maintenance, l’organisation tournée vers la satisfaction du client, le personnel. Côté APSAD : la conception, la réalisation, la réception et la vérification de conformité initiale, les vérifications périodiques, les moyens matériels.
L’obtention suit un parcours lourd : audit préalable de l’entreprise, audits d’installations qu’elle a réellement réalisées, contrôle de connaissances. Le suivi reprend les mêmes audits pendant toute la durée de la certification. C’est ce qui donne de la valeur au certificat : on n’a pas seulement lu les procédures de l’entreprise, on est allé voir ses chantiers.
Avant de signer, reste à vérifier ce que le certificat ne dit pas.
Une entreprise certifiée peut poser une installation non conforme
À la mise en service, le CNPP prévoit deux documents différents. Une déclaration de conformité, de type « N », quand l’installation respecte le référentiel. Une déclaration d’installation qui liste les écarts au référentiel quand elle s’en éloigne, par exemple pour une contrainte de bâtiment ou un choix budgétaire. Les deux sont légitimes. Seul le premier prouve que votre site est conforme. Ensuite, chaque vérification périodique donne lieu à un compte rendu de type « Q ».
La catégorie limite le type de site
En détection d’intrusion, le CNPP distingue trois catégories, A, B et C, selon la surface et le type de risque. La liste publique affiche, pour chaque titulaire, les catégories couvertes. Toutes les entreprises ne sont pas certifiées pour les trois. La question à poser est simple : dans quelle catégorie l’entreprise classe-t-elle votre site, et son certificat la couvre-t-il ?
Le certificat vise un domaine, pas une enseigne
Une société peut être certifiée en vidéosurveillance sans l’être en intrusion. La ligne de la liste précise le domaine. C’est elle qui compte, pas le logo en bas du devis.
Télésurveillance : que change la R31 de 2026 pour les stations ?
Les stations qui reçoivent vos alarmes relèvent d’une certification propre, la certification APSAD I31, adossée à la règle R31. Elle porte sur la formalisation de la prestation, la mise à disposition en continu des moyens de surveillance, la protection et la confidentialité des informations, le traitement des alarmes, le personnel et l’organisation.
La R31 a changé cette année. L’édition de mars 2026 remplace celle de septembre 2017. D’après Face au Risque, le média du CNPP, elle supprime le type de station P2 et introduit un type « P3 maillé », que le référentiel traite notamment dans ses exigences de continuité de service. Elle précise aussi l’effectif d’opérateurs selon le type de station, des délais de traitement des messages et des exigences de cybersécurité, et encadre l’externalisation de certains modules en centre de données. Le type P5 est maintenu.
D’où une période de transition à surveiller. À la date de rédaction de ce guide, la page de certification I31 du CNPP mentionne encore les types P2, P3 et P5, et la liste des certifiés indique un niveau par station. Une proposition qui affiche « certifié P3 » appelle donc deux questions : selon quelle édition de la R31, et pour quelle station ?

Deux confusions reviennent dans les offres.
La première attribue la certification à la société qui vend l’abonnement, alors qu’elle appartient au centre qui traite réellement les alarmes, souvent une société tierce : notre guide pour choisir sa société de télésurveillance détaille comment identifier qui exploite ce centre.
La seconde fait de la certification une garantie d’intervention. Elle n’en est pas une. L’obligation de vérifier une alarme avant d’appeler la police vient de la loi, l’article L613-6 du code de la sécurité intérieure, et s’impose à tout opérateur, certifié ou non. Elle est expliquée dans notre guide sur la levée de doute en télésurveillance.
Comment vérifier un certificat APSAD avant de signer ?
Le B0 autorise les titulaires à communiquer librement la copie intégrale de tout certificat en cours de validité. Demandez-la. Puis confrontez-la à la liste publique des certifiés de service, tenue à jour par le CNPP.
| Ce que vous vérifiez | Où le lire | Le signal d’alerte |
|---|---|---|
| La raison sociale et le numéro | Recherche par nom ou par numéro sur la liste | Une raison sociale différente de celle qui signe le contrat |
| Le domaine | Colonne « type » de la ligne | Un domaine qui ne correspond pas à la prestation achetée |
| Le site | Adresse de chaque ligne ; une entreprise peut en avoir plusieurs | En télésurveillance, une station certifiée qui n’est pas celle qui traitera vos alarmes |
| Le niveau ou la catégorie | P3, P5 pour les stations ; A, B, C pour l’intrusion | Un niveau inférieur à celui qu’exige votre assureur |
| Le statut | Mentions de suspension ou de retrait | Une suspension en cours, ou un retrait récent |
| Le livrable | Devis et dossier de réception | Aucune mention d’une déclaration de conformité ou d’installation |
Arrêtez-vous sur la ligne « statut ». Le B0 prévoit que la liste signale les entreprises qui ont perdu le bénéfice de la certification : la mention reste affichée pendant toute la durée d’une suspension, et trois mois après un retrait ou un abandon. Un certificat papier daté ne dit rien de ces événements. La liste, si.
Est-elle obligatoire, et qui peut l’exiger de vous ?
Aucune entreprise n’est tenue de la détenir. La certification est une démarche volontaire : c’est l’entreprise qui la demande et qui accepte les contrôles prévus par le référentiel. Elle devient exigible pour vous quand un document vous lie : un contrat d’assurance, un cahier des charges, un bail, une exigence de franchiseur.
Dans ces documents, c’est la rédaction de la clause qui dit ce qu’il faudra prouver.
« Télésurveillance par une station certifiée » vise l’opérateur, et souvent un niveau de station. La vérification porte sur la station réellement raccordée.
« Installation réalisée par une entreprise certifiée » vise l’installateur et son domaine. Elle ne dit pas si l’installation doit être conforme au référentiel ou seulement posée par une entreprise titulaire. Faites préciser.
« Installation conforme à la règle APSAD » vise le système lui-même. Elle appelle une déclaration de conformité, pas seulement un logo sur le devis.
Une précision nous concerne. Secureo n’est titulaire d’aucune certification APSAD ni NF Service et ne s’en réclame pas. Nous installons, raccordons et maintenons ; la surveillance est assurée par un opérateur autorisé, sous contrat distinct. Si votre contrat exige une entreprise certifiée pour l’installation, le dire tôt évite un devis inutilisable.
L’avis de l’équipe Secureo
La phrase « nous sommes APSAD » n’a pas de sens prise seule. APSAD pour quel domaine, quelle station, quelle catégorie, et depuis quand ? Avant de comparer des offres de télésurveillance, faites écrire par chaque prestataire le nom et l’adresse de la station qui recevra vos alarmes, son niveau R31 et l’édition de référence, puis vérifiez la ligne sur la liste du CNPP. Si votre assureur exige un niveau, demandez-le par écrit, avec sa formulation exacte.
Questions fréquentes sur APSAD et ses certifications
Qui délivre la certification APSAD ?
CNPP Cert., organisme certificateur accrédité par le COFRAC sous le numéro 5-0547. La marque appartient au CNPP, qui en a concédé la licence d’exploitation à CNPP Cert. Aucun installateur ni assureur ne la délivre.
Quel organisme peut certifier les stations de télésurveillance ?
CNPP Cert., au titre de la certification APSAD I31, qui s’appuie sur la règle R31. Le certificat est attribué à une station, à une adresse, avec un type : deux stations d’une même société peuvent avoir des niveaux différents.
Comment une entreprise obtient-elle la certification APSAD ?
Elle dépose une demande, puis passe un audit préalable, des audits d’installations qu’elle a réalisées et un contrôle de connaissances. Le certificat est ensuite maintenu par des audits de suivi, et peut être suspendu ou retiré.
Quel est l’intérêt d’être certifiée APSAD NF Service ?
Pour l’installateur, prouver par des audits tiers sa méthode de conception, de réception et de maintenance. Pour vous, disposer d’un engagement vérifiable, et d’un document de réception qui dit si l’installation est conforme ou s’en écarte.
Que veut dire APSAD P3 ?
P3 est un type de station de télésurveillance défini par la règle R31. Depuis l’édition de mars 2026, la R31 ne retient plus le type P2, introduit un P3 maillé et maintient le P5. Vérifiez l’édition de référence du certificat.
Votre assureur exige une télésurveillance certifiée et vous voulez savoir si votre installation peut y être raccordée ? Nous relevons sur place les zones, la transmission et les images associées, puis nous vous disons ce qu’il faut reprendre avant le raccordement. Audit avant raccordement en télésurveillance d’entreprise, gratuit et sans engagement, à Paris et en Île-de-France. Par téléphone au 01 48 45 17 71.
Information générale, à jour au 6 octobre 2026. Elle décrit des référentiels privés d’après leurs organismes de publication et ne remplace ni la lecture de votre contrat d’assurance, ni l’avis d’un juriste. Sources : CNPP Cert., référentiel général B0, édition juillet 2026 ; CNPP, pages des certifications I31, NF367-I80 et C60, et liste des certifiés, consultées le 06/10/2026 ; CNPP Éditions, référentiel APSAD R31, édition mars 2026 ; Face au Risque, « Référentiel APSAD R31 », 1er mars 2026 ; code de la sécurité intérieure, article L613-6, version en vigueur depuis le 1er mai 2012.
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