Combien coûte la télésurveillance d’un local professionnel ?

Deux budgets se superposent : un investissement d’installation, et un abonnement de service rendu par un opérateur tiers. Aucun tarif sur cette page.

Coffret mural ouvert abritant un transmetteur de télésurveillance et son module de communication

Par Secureo Publié le Mis à jour le Relu par l’équipe Secureo

Un projet de télésurveillance additionne deux budgets qui n’ont ni la même nature ni le même interlocuteur. D’un côté, l’installation : la détection, la centrale, le transmetteur et, le cas échéant, les caméras de levée de doute. De l’autre, un abonnement de service, facturé par un opérateur spécialisé au titre d’une activité privée de sécurité réglementée. Secureo installe et raccorde le système ; l’exploitation relève d’un opérateur spécialisé, sous contrat distinct. Les facteurs de variation ne sont pas les mêmes des deux côtés.

Deux budgets de nature différente, à ne pas mélanger

Confondre les deux reste la principale source de mauvaise surprise. L’installation est un investissement ponctuel, portant sur des équipements dont vous êtes propriétaire ou locataire selon la formule retenue. L’abonnement est une charge récurrente, qui rémunère un service rendu en continu par un tiers.

Cette séparation n’est pas administrative : elle découle du droit. La surveillance à distance des biens figure parmi les activités privées de sécurité encadrées par le livre VI du code de la sécurité intérieure, soumises à autorisation et au contrôle du CNAPS. Un installateur de sécurité électronique n’exerce pas cette activité.

Une conséquence pratique en découle pour votre lecture des offres : une proposition qui présente un montant global mêlant équipement et service masque la structure réelle de l’engagement, notamment sa durée. Demandez la décomposition.

Le volet installation, et ses facteurs de variation

Le socle est celui d’une alarme intrusion : nombre de points protégés, découpage en zones, grade retenu, liaison filaire ou radio, contraintes du bâtiment. Ces facteurs sont détaillés dans notre guide sur le budget d’une alarme professionnelle.

S’y ajoutent deux éléments propres au raccordement. Le transmetteur d’abord : son nombre de voies (liaison IP, réseau mobile, ou les deux en secours l’une de l’autre) décide du comportement du système quand la liaison principale tombe. La compatibilité ensuite : tous les transmetteurs ne dialoguent pas avec tous les centres. Vérifiez ce point avant la commande, pas après.

Si l’installation comporte une levée de doute vidéo, le volet vidéosurveillance s’ajoute avec ses propres facteurs (points de vue, réseau, stockage) et ses obligations réglementaires.

Le volet abonnement, et ses facteurs de variation

L’offre d’un centre de télésurveillance ne se résume pas à une surveillance : elle décrit une procédure. Ce sont les termes de cette procédure qui expliquent les écarts entre deux propositions, bien plus que le nombre d’équipements raccordés.

Schéma des six étapes de la levée de doute, du déclenchement du détecteur jusqu’à l’intervention ou la clôture de l’événement

Quatre éléments structurent l’offre. La nature des événements traités : intrusion seule, ou également technique (défaut d’alimentation, perte de liaison, défaut de mise sous protection). Le mode de levée de doute retenu : audio, vidéo ou par intervention. Le contenu de la procédure d’alerte : qui est appelé, dans quel ordre, et que le centre déclenche lui-même. Enfin les prestations complémentaires éventuelles, comme un gardiennage, qui relèvent d’intervenants encore différents.

La levée de doute change la nature du service

Sans levée de doute, un centre reçoit une alerte et applique une procédure d’appel. Avec levée de doute, il dispose d’un élément (un son, une image) permettant de qualifier l’événement avant de déclencher la suite. La différence porte sur le taux d’événements traités inutilement, bien au-delà du confort.

Voilà aussi pourquoi une levée de doute vidéo pèse sur les deux budgets à la fois. Elle suppose des caméras correctement positionnées sur les points de détection, donc un poste d’installation supplémentaire, et elle modifie la procédure du centre, donc l’offre de service.

Elle emporte enfin des obligations : les images sont des données personnelles, et leur transmission à un tiers doit être documentée. Le sujet est traité dans notre guide sur la vidéosurveillance et le RGPD.

Ce qui pèse sur l’investissement, ce qui pèse sur l’abonnement

Facteurs de variation des deux budgets d’un projet de télésurveillance : l’installation et l’abonnement de service. Aucun tarif n’est indiqué.
Facteur Effet sur le budget À vérifier
Nombre de points protégés Agit sur l’installation, et parfois sur la structure de l’offre de service La liste des équipements et des zones s’arrête avant toute consultation d’opérateur
Nombre de voies de transmission Augmente l’installation ; conditionne le comportement en cas de coupure Décidez du comportement attendu si la liaison principale tombe
Compatibilité transmetteur et centre Peut imposer un remplacement de matériel en cas de changement d’opérateur Vérifiez la compatibilité avant la commande, pas au moment de changer
Nature des événements traités Une offre couvrant les événements techniques est plus large qu’une offre intrusion seule Listez les défauts que vous voulez voir remonter : alimentation, liaison, non-mise sous protection
Mode de levée de doute Audio, vidéo ou intervention : trois procédures différentes, trois structures d’offre La levée de doute vidéo suppose des caméras positionnées sur les points de détection
Procédure d’alerte retenue Varie selon le nombre de contacts, l’ordre d’appel et l’action confiée au centre Faites écrire la procédure noir sur blanc et tenez la liste des contacts à jour
Niveau de certification du centre Les niveaux de la règle APSAD R31 traduisent des exigences différentes d’exploitation La certification appartient au centre : demandez-la-lui, elle ne se transfère pas
Nombre de sites raccordés Modifie la structure de l’offre pour un parc multisite Traitez le parc comme un ensemble plutôt que site par site
Traitement des déclenchements non justifiés Peut faire l’objet de conditions spécifiques au contrat Corrigez la cause technique des fausses alarmes : c’est un poste évitable
Durée d’engagement et conditions de sortie Structure le coût dans le temps davantage que le montant affiché Lisez la durée, le préavis et les conditions de résiliation avant de comparer

Les clauses à lire avant de signer

  1. La durée d’engagement, le préavis et les conditions de résiliation.
  2. La procédure d’alerte exacte : qui est appelé, dans quel ordre, et quelle action est déclenchée.
  3. La liste des événements traités, techniques compris.
  4. Le traitement des déclenchements non justifiés.
  5. Les lignes qui relèvent d’un tiers supplémentaire, comme une intervention sur site.
  6. La propriété du matériel en fin de contrat, en cas de formule locative.
  7. Les conditions dans lesquelles un changement d’opérateur reste possible.
  8. Le traitement des images, s’il y a levée de doute vidéo : durée, accès, traçabilité.

Aucune de ces clauses n’est technique. Toutes décident pourtant du service réellement rendu le jour où le système se déclenchera.

Un système « relié » n’est pas un système télésurveillé

C’est une confusion entretenue par des présentations commerciales qui parlent d’un système « relié » sans préciser à quoi ni par qui. Résultat : une entreprise croit son site surveillé alors qu’aucun contrat de service n’a été signé, et s’en aperçoit au premier déclenchement.

Posez la vérification avant la signature : existe-t-il un contrat de télésurveillance distinct, avec quel opérateur, et quelle procédure y est décrite ? En son absence, le système sonne et alerte des contacts. C’est déjà utile, mais ce n’est pas de la télésurveillance.

Nous ne nommons aucun opérateur sur ce site et n’annonçons aucun service de surveillance. Nous installons et raccordons le système ; le choix du centre et les termes du service vous appartiennent, ce qui vous laisse la liberté d’en changer.

Questions fréquentes sur le prix de la télésurveillance

Secureo assure-t-elle la télésurveillance de mon site ?

Non. La surveillance à distance des biens est une activité privée de sécurité réglementée, soumise à autorisation et au contrôle du CNAPS. Secureo est installateur de sécurité électronique : nous installons et raccordons le système, et la prestation de télésurveillance relève d’un opérateur spécialisé, avec un contrat distinct dont vous êtes signataire.

Pourquoi le contrat de télésurveillance est-il séparé du devis d’installation ?

Parce que ce sont deux relations différentes : d’un côté un investissement d’équipement, de l’autre un service continu rendu par un tiers autorisé. Les distinguer protège aussi votre liberté : votre système reste le vôtre, et vous n’êtes pas lié à un opérateur par le simple fait d’avoir fait installer une alarme.

Le niveau de certification du centre change-t-il le prix ?

La règle APSAD R31 fixe les exigences applicables aux centres de télésurveillance, et la certification comporte plusieurs niveaux, dont P2, P3 et P5. Ces niveaux traduisent des exigences différentes en matière d’installation, de redondance et d’exploitation du centre, et cela se retrouve dans la structure de l’offre. La certification appartient au centre, non à l’installateur.

Que se passe-t-il en cas de fausse alarme répétée ?

Un contrat peut prévoir un traitement particulier des déclenchements non justifiés, qui peut aller jusqu’à une facturation spécifique. C’est une raison de plus pour traiter la cause technique des déclenchements intempestifs plutôt que de vivre avec : mauvais positionnement d’un détecteur, sensibilité inadaptée, découpage de zones à revoir.

Peut-on changer d’opérateur en gardant son installation ?

C’est possible en principe, à deux conditions : la compatibilité technique du transmetteur avec le centre visé, et les conditions de résiliation du contrat en cours. Vérifiez-les avant de signer, plutôt que de découvrir tardivement qu’un changement suppose de remplacer du matériel.

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