Que faire après un cambriolage dans votre entreprise ?
Le rideau est forcé, la porte de réserve est ouverte, personne n’était là. Trois choses se jouent dans les premières heures : ne rien déplacer avant le constat, extraire les images avant qu’elles ne s’écrasent, et déclarer à l’assureur dans un délai qui peut être de deux jours ouvrés.
Ce qu’il ne faut pas faire en arrivant le matin
Le réflexe naturel est mauvais. On entre, on regarde ce qui manque, on redresse une étagère. L’état des lieux disparaît en une demi-heure.
Trois décisions passent avant le reste. Ne pas entrer si un doute subsiste sur la présence de quelqu’un, et appeler le 17 depuis l’extérieur. Tenir les équipes dehors : dix personnes qui prennent leurs postes effacent ce qui restait. Prévenir par écrit que rien ne doit être déplacé ni nettoyé.
Cette consigne se prépare à froid : un responsable joignable, un numéro, une phrase indiquant que personne n’entre. Cinq lignes dans le classeur d’ouverture, rarement écrites avant l’incident.
Photographier et refermer sans effacer les traces
Deux objectifs se contrarient : documenter, et refermer. Photographiez avant de toucher : le point d’entrée de loin puis de près, le dispositif de fermeture forcé, les dégradations intérieures, les emplacements vides. Les téléphones inscrivent la date et l’heure dans les métadonnées du fichier, ce qui vaut mieux qu’une capture d’écran recadrée.
La remise en sécurité vient ensuite, et se fait sans réparer : une porte forcée se condamne par un moyen provisoire, elle ne se remplace pas le jour même. Laissée béante, elle appelle un second passage la nuit suivante. Le cylindre arraché se garde dans un sac, c’est une pièce et non un déchet. Conservez la facture de l’intervention d’urgence, elle entre dans le dossier d’indemnisation.
Une effraction se rejoue sur le même point faible. Faire relever les accès réels du bâtiment relève d’un diagnostic d’alarme intrusion professionnelle, pas d’un devis matériel.
Extraire la bonne plage d’images, pas seulement la scène
Les enregistreurs tournent en boucle. La CNIL retient qu’en principe la durée de conservation n’excède pas un mois, et beaucoup d’installations sont réglées sur sept à quinze jours par la capacité du disque. L’extraction n’attend pas le responsable de site.
L’erreur classique consiste à sortir les trente secondes de l’effraction. Extrayez la plage complète, de la fermeture de la veille à l’ouverture, sur toutes les caméras. Un repérage a souvent eu lieu dans les jours précédents, en plein jour, par quelqu’un entré comme un client ou un livreur : cette séquence-là vaut mieux qu’une silhouette encagoulée filmée de nuit, et elle se trouve plus loin dans la boucle.
Sortez aussi le journal d’événements de la centrale et du contrôle d’accès : mise en service la veille, heure de déclenchement, zones concernées, ordre de passage des détecteurs en alarme. Ce relevé raconte le parcours dans le bâtiment avec une précision que la vidéo n’a pas. Consignez la sortie dans votre registre d’extraction, comme le recommande la CNIL, et voyez notre guide sur la durée de conservation des images pour la durée réellement appliquée par votre enregistreur.
Assureur et plainte : deux jours ouvrés d’un côté, six ans de l’autre
L’article L113-2 du code des assurances impose de déclarer le sinistre dans le délai fixé par le contrat. Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, mais le texte précise qu’il est ramené à deux jours ouvrés en cas de vol. Lisez la clause de votre multirisque professionnelle : elle fixe le point de départ et la forme de la déclaration.
La plainte suit un autre calendrier. Le délai de prescription est de six ans pour un délit, et elle se dépose contre X lorsque l’auteur est inconnu : dans ce cas, un dépôt en ligne est possible sur le site du ministère de l’Intérieur pour les atteintes aux biens. À la fin de l’audition, vous recevez un récépissé, et une copie si vous la demandez : l’assureur réclame les deux.
| Déclaration à l’assureur | Dépôt de plainte | |
|---|---|---|
| Délai | Celui du contrat, au minimum deux jours ouvrés en cas de vol | Six ans pour un délit |
| Ce qu’elle produit | L’ouverture du dossier d’indemnisation | Un récépissé et une procédure pénale |
| À fournir | Photos, liste chiffrée des biens, factures, récépissé de plainte | Identité du représentant légal, extrait vidéo, journal de la centrale |
| Auteur inconnu | Sans effet sur l’indemnisation | Plainte contre X, dépôt en ligne possible |
La liste des biens volés est le document sous-estimé : références, quantités, numéros de série, factures. Un inventaire reconstitué trois semaines plus tard est toujours plus pauvre que celui rédigé le premier jour.
Effraction et dégradation : pourquoi la qualification change la suite
L’article 132-73 du code pénal énonce que l’effraction consiste dans le forcement, la dégradation ou la destruction de tout dispositif de fermeture ou de toute espèce de clôture. Un rideau tordu, un cylindre cassé, une grille sciée entrent dans cette définition. Pas une porte laissée ouverte.
Le cambriolage n’est pas une infraction distincte en droit français : c’est un vol, aggravé par ses circonstances. Dans sa version en vigueur depuis le 20 août 2026, l’article 311-4 du code pénal punit le vol de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende dans douze cas, dont deux se rencontrent ici : le vol commis dans un lieu utilisé ou destiné à l’entrepôt de fonds, valeurs, marchandises ou matériels, et le vol précédé, accompagné ou suivi d’un acte de destruction, dégradation ou détérioration. Le même article porte les peines à sept ans et 100 000 euros lorsque deux de ces circonstances sont réunies.
D’où une conséquence pratique : décrivez les dégradations au même titre que les biens disparus. Un dossier qui ne mentionne que la marchandise perdue laisse de côté la moitié des faits.

Ce que le cambriolage révèle de votre installation
Une effraction est un test grandeur nature. Trois constats reviennent.
Le point d’entrée n’était pas couvert. La façade et la caisse le sont ; la porte de service arrière, la trappe de toiture ou la cloison mitoyenne d’un parking ne le sont pas.
La sirène a sonné sans que personne ne l’entende. Dans une zone d’activité vide la nuit, une sirène extérieure peut décourager, elle ne prévient pas.
L’alarme s’est déclenchée et rien n’a suivi. Une notification arrivée sur un téléphone en silencieux à trois heures du matin ne produit aucune intervention : la chaîne s’est arrêtée après le dispositif. Une levée de doute vidéo qualifie l’alerte sans déplacement inutile.
Ces trois points se constatent en une visite, plan et relevé des ouvrants à l’appui. Ce qui rend une installation dissuasive avant l’incident est traité dans notre guide sur l’efficacité d’une alarme professionnelle.
Rouvrir : ce qui doit tenir avant la reprise d’activité
Le local ferme réellement. Un moyen provisoire tient quelques nuits, pas un mois : tant que le point d’entrée n’est pas remis en état, le site reste identifié comme facile par ceux qui sont déjà venus.
Les accès sont repris. Des clés ou des badges disparus circulent : un identifiant se désactive en quelques secondes, un cylindre mécanique impose un remplacement. Faites cet inventaire avant de rouvrir.
Les équipes savent quoi faire la prochaine fois. Une note d’une page affichée en réserve : qui appeler, dans quel ordre, ce qu’on ne touche pas, qui sait extraire une séquence. C’est ce document qui fait la différence au deuxième incident. Le vol commis pendant les heures d’ouverture, par un client et sans effraction, suit une autre logique : que faire en cas de vol en magasin.
L’avis de l’équipe Secureo
Ce que nous voyons après une effraction n’est pas une absence de matériel, mais une chaîne qui s’arrête en route. L’alarme s’est déclenchée, la sirène a sonné dans une zone vide, la notification est partie vers un téléphone qui dormait. Le lendemain, personne ne sait exporter une séquence. Quand nous repassons sur une installation après un cambriolage, nous commençons rarement par ajouter des détecteurs : nous regardons par où c’est entré, où va l’information quand ça sonne, et qui la traite à trois heures du matin.
Questions fréquentes après un cambriolage en entreprise
Quelle est la procédure à suivre en cas de cambriolage ?
Sécurité des personnes, appel au 17 en cas de doute, aucun objet déplacé avant les constatations, photographies, extraction des images et du journal d’alarme, déclaration à l’assureur dans le délai du contrat, dépôt de plainte, remise en sécurité.
Que fait la police après un cambriolage dans un local professionnel ?
Elle recueille votre plainte et vous remet un récépissé à la fin de l’audition, ainsi qu’une copie si vous la demandez. Les constatations sur place et les suites de l’enquête relèvent de la seule décision des services concernés.
Quelle est la différence entre un vol et un cambriolage ?
Le cambriolage n’est pas une infraction autonome : c’est un vol aggravé par ses circonstances, notamment le lieu et les dégradations. L’effraction, elle, est définie à l’article 132-73 du code pénal.
Faut-il se rendre sur place la nuit quand l’alarme se déclenche ?
Se déplacer seul vers un local dont on ignore s’il est occupé est inutilement risqué. Une levée de doute vidéo qualifie le déclenchement à distance et permet de n’appeler les forces de l’ordre que sur une intrusion constatée.
Quel est le délai pour porter plainte après un cambriolage ?
Six ans pour un délit. Mais l’assureur réclame le récépissé rapidement et les images auront disparu : le délai utile est celui des premiers jours, pas celui de la loi.
Faire relever les points d’entrée réels de votre local et le chemin que prend l’alarme : Secureo propose un audit d’alarme intrusion gratuit et sans engagement, sur site, en Île-de-France.
Information générale, à jour au 22 septembre 2026. Elle ne remplace pas l’analyse de votre contrat d’assurance ni l’avis d’un avocat sur une situation précise. Sources : code pénal, articles 132-73 et 311-4 (version en vigueur depuis le 20 août 2026) ; code des assurances, article L113-2 ; service-public.gouv.fr, « Porter plainte », mise à jour du 8 juillet 2026 ; CNIL, « La vidéosurveillance – vidéoprotection au travail ».

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