Intérieur d’une boutique de centre-ville, avec une caméra dôme au plafond au-dessus de la zone de caisse

Sécuriser un commerce ou un magasin

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Vous découvrez l’un le matin, l’autre à l’inventaire, le troisième jamais

Un commerçant qui demande une alarme pense au cambriolage, et c’est le seul des trois risques qu’on constate immédiatement : un matin, rideau arraché ou vitrine brisée. L’intrusion nocturne vise le stock exposé et le fond de caisse laissé sur place ; le mode opératoire dépend de la façade : arrachage du tablier, bris de vitrine, ou porte de service à l’arrière quand la rue est trop passante. La détection et l’alarme le traitent ; la caméra seule n’y change rien.

La démarque, elle, se découvre à l’inventaire. L’écart entre le stock théorique et le stock réel se creuse tous les jours d’ouverture, en petites quantités, sans effraction et sans bruit. Elle se combat en journée, en zone de vente, avec de la visibilité sur les rayons à forte valeur et sur la ligne de caisses. Un détecteur de mouvement n’y peut rien : le magasin est ouvert, tout le monde bouge.

Le vol des moments de rupture, lui, ne se découvre souvent jamais. Réception d’une livraison, inventaire, changement d’équipe, fin de soldes : pendant vingt minutes, une porte de service reste ouverte, la réserve n’est pas tenue, la caisse est sans surveillance. C’est le seul des trois qui se traite d’abord par de l’organisation, ensuite par de la technique.

Ordonner ces trois risques dans votre commerce est le premier travail de l’audit : un magasin de vêtements de centre-ville, une supérette et un magasin de bricolage en zone commerciale ne les classent pas dans le même ordre.

Les points d’exposition d’une surface de vente, un par un

Huit endroits concentrent l’essentiel du problème. Chacun appelle un équipement différent et pose une contrainte différente.

  • Devanture et vitrine

    Bris de glace nocturne pour atteindre le stock exposé ; en journée, repérage depuis la rue de ce qui vaut la peine d’être pris.

    Réponse : Détecteur de bris de glace sur les surfaces vitrées et contact d’ouverture sur les ouvrants. La caméra extérieure documente l’approche mais ne déclenche rien : c’est la détection qui alerte.

  • Rideau métallique et grille

    Arrachage ou soulèvement du tablier, mode opératoire rapide et bruyant, mené de nuit dans une rue déserte.

    Ce qu’on pose : Contact de position sur le tablier et détection volumétrique juste derrière, en première ligne. La contrainte est mécanique : le capteur doit supporter les vibrations quotidiennes de la remontée sans générer de fausse alarme.

  • Ligne de caisses

    Vol du fond de caisse, contestation sur un rendu de monnaie, erreurs de saisie difficiles à départager, vol à l’arraché sur le tiroir ouvert.

    Traitement : Caméra cadrée sur le plan de caisse et la zone d’échange, et non sur le poste de travail de l’employé dans son ensemble. La manipulation d’argent est l’un des cas où la CNIL admet une caméra en direction d’un poste, à condition de rester ciblée.

  • Rayon à forte valeur

    Démarque en journée sur les références chères et petites : cosmétique, spiritueux, électronique, accessoires.

    Réponse : Caméra en surplomb couvrant l’allée et non le client de face, complétée par un réagencement du rayon. La contrainte est esthétique autant que technique : en zone de vente, un boîtier apparent doit rester discret.

  • Réserve

    C’est le seul endroit du magasin où le stock est concentré et où personne ne passe pendant des heures. Vol interne et disparitions au réapprovisionnement.

    Ce qu’on pose : Contrôle d’accès par badge sur la porte, avec journal des passages, et détection volumétrique active pendant les heures de fermeture. Le badge sert autant à retirer un droit à un ancien salarié qu’à ouvrir la porte.

  • Porte de livraison

    Reste ouverte pendant la réception, et donne sur une cour ou une rue arrière peu passante. Point d’entrée privilégié hors des heures d’ouverture.

    Traitement : Contact d’ouverture relié à la centrale, caméra couvrant le seuil et le chemin d’accès, et signal sonore local quand la porte reste ouverte au-delà d’un temps paramétré.

  • Issue de secours

    Sortie utilisée pour évacuer de la marchandise, parfois avec complicité, parce que l’ouverture y est libre par obligation de sécurité.

    Réponse : Contact d’ouverture avec alerte locale immédiate, et caméra sur l’extérieur du dégagement. La barre anti-panique reste manœuvrable sans condition : on surveille l’usage, sans entraver l’ouverture.

  • Local coffre et espace de comptage

    Concentration de valeurs à l’heure de la clôture, dans une pièce située derrière la réserve, sans fenêtre et sans témoin.

    Ce qu’on pose : Double protection : accès par badge, détection dédiée sur la pièce, et si le comptage est fait par une seule personne, dispositif d’appel discret plutôt qu’une sirène qui aggraverait la situation.

Installer sans fermer le magasin, ni le défigurer

Un magasin ne ferme pas pour être équipé, et une goulotte apparente sur un mur de présentation ne se rattrape plus après coup. Ces cinq points se règlent avant la pose du premier boîtier.

  • Les heures d’ouverture. Le passage des câbles en zone de vente se fait avant ou après la fermeture. En galerie marchande ou en centre commercial, le bailleur impose ses propres plages d’intervention et un accès par les couloirs techniques : cela s’organise en amont, pas le matin de la pose.
  • L’esthétique en zone client. Un boîtier blanc au milieu d’un plafond noir, une goulotte apparente sur un mur de présentation, un clavier d’alarme en pleine vitrine : ce sont les défauts qu’un commerçant ne peut plus corriger une fois la pose terminée. Le repérage des cheminements fait donc partie de l’audit, pas de la pose.
  • La sirène en centre-ville. Dans une rue commerçante avec des logements aux étages, une sirène extérieure mal réglée génère des plaintes du voisinage et finit débranchée. La temporisation et le niveau se règlent en fonction de l’environnement immédiat.
  • Les plages de livraison. Si les réceptions ont lieu très tôt, la zone de livraison doit pouvoir être désarmée seule, sans mettre tout le magasin hors service. Cela se décide au découpage des zones, au moment de la programmation de la centrale.
  • La rotation du personnel. Un commerce fonctionne avec des extras et des saisonniers. Un code d’alarme partagé par dix personnes ne veut plus rien dire au bout de six mois : un code ou un badge par personne coûte le même prix à l’installation.

La forme du commerce change l’implantation : une boutique en rue piétonne, une galerie marchande et une surface de périphérie n’ont ni la même façade, ni les mêmes accès de service, ni les mêmes contraintes de pose. Le commerce de gros alimentaire constitue un cas à part, traité sur la page vidéosurveillance à Rungis.

L’enveloppe d’abord, les caméras ensuite, les badges en dernier

L’enveloppe est le socle : c’est elle qui alerte, la nuit et le dimanche. Contacts sur la porte principale, la porte de service et l’issue de secours, détection de bris de glace en vitrine, détection volumétrique en zone de vente et en réserve. Cette partie fonctionne magasin fermé, et elle seule.

La vidéo vient ensuite : elle sert à savoir ce qui s’est passé une fois le fait constaté. Trois orientations couvrent l’essentiel : la ligne de caisses, l’allée centrale vers le fond du magasin, le seuil de la porte de livraison. L’enregistreur est placé dans un local fermé, pas derrière la caisse où il partirait avec le reste.

Le contrôle d’accès n’arrive qu’en troisième, sur la réserve et le local de comptage.

Le magasin pris ici comme repère fait environ 150 m², avec une devanture sur rue, une réserve et une porte de service. Le nombre de points change avec la forme réelle de votre local.

L’alarme peut être raccordée à un centre de télésurveillance. Secureo installe et raccorde le système ; l’exploitation relève d’un opérateur spécialisé, sous contrat distinct.

Clavier d’alarme mural près de la porte de service d’un commerce, rideau métallique en arrière-plan

Faire relever les points d’exposition de mon magasin

Ce qui tient le magasin fermé, ce qui documente la démarque, ce qui verrouille la réserve

  • Alarme intrusion professionnelle

    Le socle du magasin fermé : contacts d’ouverture, bris de glace en vitrine, volumétrie en vente et en réserve.

  • Vidéosurveillance entreprise

    Caisses, allée centrale, porte de livraison. Elle documente la démarque, elle ne l’empêche pas seule.

  • Contrôle d’accès entreprise

    Réserve et local de comptage. Retirer un droit à un ancien salarié sans remplacer un cylindre.

Un magasin est un lieu ouvert au public : ce que cela change

C’est la qualification qui commande tout le reste du dossier. Une surface de vente accessible librement est un lieu ouvert au public. Un système de vidéoprotection qui y filme, ou qui filme la voie publique aux abords, est soumis à l’autorisation du représentant de l’État dans le département (à Paris, du préfet de police), au titre des articles L. 251-1 et suivants du code de la sécurité intérieure. La demande se dépose par le formulaire Cerfa n° 13806 ou par le téléservice dédié. Nous préparons les éléments techniques du dossier : plan d’implantation, champs de vision, nombre et nature des caméras. Le dépôt et la décision appartiennent à l’exploitant et à la préfecture.

L’autorisation fixe notamment la durée de conservation des images, qui ne peut excéder un mois. La CNIL, de son côté, considère que quelques jours suffisent le plus souvent : la capacité de stockage de l’enregistreur ne justifie pas à elle seule la durée retenue. Une durée de « trente jours » présentée comme la règle générale est une fausse précision.

Le public doit être informé de façon claire et permanente : un panneau visible à l’entrée, indiquant la finalité, la durée de conservation, le contact du responsable ou du délégué à la protection des données, les droits des personnes et la possibilité de saisir la CNIL.

Vos salariés sont eux aussi dans le champ. L’article L. 1222-4 du code du travail impose qu’aucune information les concernant personnellement ne soit collectée par un moyen qui ne leur a pas été porté préalablement à leur connaissance, et l’article L. 2312-38 impose d’informer et de consulter le comité social et économique avant la décision de mise en œuvre d’un moyen permettant un contrôle de leur activité. La CNIL exclut par ailleurs du champ des caméras les espaces de pause, les sanitaires et les locaux syndicaux, et refuse qu’une installation serve à surveiller en continu l’activité des salariés. La caisse fait exception, à condition que le cadrage reste ciblé sur la manipulation d’argent.

Ces éléments sont d’ordre général. Nous concevons les implantations en tenant compte de ces textes ; l’analyse de conformité du traitement relève de l’exploitant. Le détail des démarches est traité dans le guide déclarer sa vidéosurveillance, et la suite à donner à un fait dans le guide vol en magasin : que faire.

Le budget d’un magasin se lit sur sa devanture, ses accès et ses caisses

Facteurs de variation du budget pour une surface de vente. Aucun tarif n’est indiqué : le nombre de points dépend du local.
Facteur Effet sur le budget À vérifier
Linéaire de devanture vitrée Chaque surface vitrée indépendante ajoute un point de détection de bris de glace. Compter les vantaux et les vitrines séparées, pas la largeur totale de la façade.
Nombre d’accès praticables Porte principale, porte de service, issue de secours, trappe de cave : chacun est un contact et, selon sa position, une caméra. Vérifier les accès mutualisés avec le voisin en galerie ou en immeuble.
Nombre de postes de caisse Une caméra par ligne de caisse dès que deux postes ne sont pas dans le même axe. Le cadrage doit couvrir le plan d’échange, pas l’ensemble du poste de travail.
Présence d’une réserve séparée Ajoute une zone d’alarme distincte et une porte à contrôler. Le découpage en zones permet de désarmer la réserve seule aux heures de livraison.
Hauteur sous plafond et type de faux plafond Influe sur le cheminement des câbles et sur le temps de pose, plus que sur le matériel. Un plafond technique démontable simplifie ; une dalle béton apparente complique.
Extérieurs à couvrir Cour arrière, quai, parking privatif : matériel prévu pour l’extérieur et alimentation à tirer. Un champ qui déborde sur la voie publique conditionne le dossier d’autorisation.
Installation existante récupérable Un câblage sain ou un enregistreur récent réduisent la dépose et le tirage. Faire vérifier l’existant avant d’envisager un remplacement complet.

À vérifier avant de signer un devis

Puis-je filmer mes caissiers pendant qu’ils travaillent ?

Pas en continu, et pas dans leur ensemble. La CNIL admet une caméra orientée vers une zone de manipulation d’argent, ce qu’est une caisse, mais le cadrage doit rester ciblé sur le plan d’échange et le tiroir, non sur la personne pendant toute sa journée. Un dispositif dont la finalité serait la surveillance permanente de l’activité des salariés est irrégulier. En pratique, on descend le champ sur le comptoir et on remonte l’angle pour couvrir le client autant que l’employé.

La vidéo suffit-elle à faire baisser la démarque inconnue ?

Seule, non. Une caméra documente un fait après coup et dissuade dans son champ visible ; elle ne remplace ni la tenue du rayon, ni les inventaires tournants, ni le contrôle des flux à la réception. Trois choses agissent ensemble sur ce poste : de la visibilité sur les références sensibles, une réserve fermée à accès tracé, et une procédure de réception écrite. Le matériel ne fait qu’une partie du travail ; l’organisation du magasin fait le reste.

Que faire de mes images après un vol ?

Extraire la séquence utile dès que possible et la conserver à part : les enregistrements s’écrasent en boucle et une image effacée ne se récupère pas. L’extraction est remise aux services enquêteurs sur leur demande. La conservation est limitée : un mois au maximum pour un système autorisé au titre du code de la sécurité intérieure, et la CNIL recommande nettement moins, sans préjudice des besoins d’une procédure pénale en cours.

Mon magasin est en galerie marchande : puis-je décider seul ?

Pour l’intérieur de votre local, oui. Dès que le champ d’une caméra couvre le mail, une devanture voisine ou une circulation commune, le sujet devient celui du gestionnaire de la galerie, qui exploite son propre système. Le bail commercial encadre par ailleurs les percements en façade et les fixations sur structure. Nous demandons l’accord écrit du bailleur avant toute pose en partie commune.

Faut-il une alarme si le magasin a un rideau métallique ?

Le rideau ralentit, il n’alerte pas. Un tablier peut être soulevé ou arraché en quelques minutes, de nuit, dans une rue sans passage. La différence entre un local seulement fermé et un local protégé, c’est le temps qui sépare l’effraction du moment où quelqu’un est prévenu. C’est exactement ce que fait la détection : le rideau et l’alarme se complètent, l’un ne remplace pas l’autre.

Puis-je consulter les images depuis mon téléphone ?

Oui, l’accès distant est prévu sur les systèmes que nous posons, avec des comptes nominatifs et des droits différenciés : consulter une image et l’exporter relèvent de deux droits distincts. Deux réserves. La qualité dépend du débit montant de votre connexion, qui est la moitié faible d’un abonnement de local commercial. Et l’accès aux images doit rester limité aux personnes habilitées, désignées nommément : un accès partagé par toute l’équipe est un défaut de conformité, pas une commodité.