Chantier de gros œuvre clôturé en fin de journée, base-vie fermée et projecteur sur poteau

Sécuriser un chantier

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Sur un chantier, chaque phase de travaux appelle son vol

Le vol de matériaux commande tout le reste. Câble cuivre, bobines, gaines, chutes de métaux non ferreux, isolants, carrelage, appareillage électrique : tout ce qui est livré en amont d’une phase et reste quelques jours sur place. Le mode opératoire est simple parce que le site le permet : on démonte un panneau de clôture, on charge dans un utilitaire garé au plus près, on repart. Personne sur place, pas d’éclairage, et un bruit de travaux ne surprend personne.

Le calendrier de l’opération redessine ensuite la cible à chaque étape.

Terrassement et gros œuvre. Les engins stationnent la nuit avec du carburant dans les réservoirs, et la ponction directe est le fait courant. Emporter l’engin entier demande davantage de moyens, mais le préjudice change alors d’échelle : immobilisation, retard de phase, pénalités.

Tous les soirs, quelle que soit la phase. L’outillage se regroupe dans les bungalows ou dans un conteneur : groupes, compresseurs, perforateurs, niveaux laser, batteries. Cette concentration fait du cantonnement une cible plus intéressante que le bâtiment en construction.

Une fois le bâtiment clos et couvert. Le problème n’est plus le vol : occupation d’un niveau, squat d’un étage hors d’eau, dégradations, tags. Et le risque humain qui va avec : une personne qui chute dans une trémie non protégée met en cause le maître d’ouvrage. La clôture et le contrôle des accès ne servent donc pas qu’à protéger du matériel.

Les points d’exposition d’un chantier

Sept zones, et la particularité du métier : leur position change à chaque phase de travaux.

  • Base vie et bungalows

    Concentration d’outillage, de vestiaires et de documents en fin de journée. Structure légère, serrures standard, isolée sur un coin de parcelle.

    Réponse : Détection autonome à l’intérieur des modules, sur alimentation propre, avec transmission sans dépendre du réseau du site. La contrainte est le déplacement : l’ensemble doit se démonter et se reposer quand la base vie change de place.

  • Zone de stockage de matériaux

    Cible principale. Palettes livrées en avance de phase, stockées à ciel ouvert, visibles depuis la voie riveraine.

    Ce qu’on pose : Ligne de détection sur le pourtour de la zone et éclairage déclenché. Le repérage doit anticiper le déplacement du stock d’une phase à l’autre : on protège une zone, pas un point fixe.

  • Parc d’engins et de matériel

    Engins stationnés la nuit avec du carburant dans les réservoirs, alignés en limite de parcelle pour libérer l’emprise de travail.

    Traitement : Détection de présence sur la zone de stationnement, associée à un éclairage. Le regroupement des engins sur une aire unique, plutôt que dispersés, réduit le nombre de points nécessaires.

  • Clôture mobile de chantier

    Panneaux assemblés par colliers, démontables en quelques minutes, et bâchage qui masque totalement l’intérieur depuis la rue là où il est posé.

    Réponse : Détection sur les tronçons réellement franchissables plutôt que sur tout le linéaire, avec une hauteur de pose qui tienne compte du bâchage. La clôture ralentit ; c’est la détection qui prévient.

  • Accès véhicules et portail de livraison

    Point unique par lequel tout entre et tout sort. Ouvert en journée, refermé par le dernier parti, c’est-à-dire parfois pas du tout.

    Ce qu’on pose : Contrôle de l’ouverture et détection sur le franchissement, avec signalement si le portail reste ouvert au-delà de l’heure de fin de poste. Un seul point à équiper, par lequel passent toutes les entrées et toutes les sorties.

  • Groupe électrogène et armoire de chantier

    Source d’énergie du site, coûteuse, transportable, et dont la disparition arrête tout le monde le lendemain matin.

    Traitement : Détection dédiée et fixation renforcée. Quand le groupe alimente aussi les équipements de sûreté, ceux-ci gardent une autonomie propre pour continuer à fonctionner si le groupe s’arrête.

  • Cantonnement et vestiaires

    Effets personnels des compagnons, sanitaires, réfectoire. Zone à part, avec des règles de captation strictes.

    Réponse : Contrôle de l’accès au cantonnement, sans aucune captation d’image à l’intérieur ni à l’entrée des sanitaires ou des espaces de repos : c’est explicitement exclu.

Protéger un site qui n’a ni les mêmes limites ni les mêmes occupants d’un mois sur l’autre

Une installation conçue pour un bâtiment fini ne tient pas trois semaines ici : elle doit vivre sans courant, sans réseau, et suivre le déplacement des zones.

  • Ni courant ni réseau. C’est la contrainte fondatrice. Un chantier en phase gros œuvre n’a ni alimentation stabilisée ni connexion filaire. Les équipements doivent fonctionner sur leur propre énergie et leur propre liaison, sinon ils ne fonctionnent pas.
  • Le périmètre change. Ce qui était une zone de stockage devient une aire de grutage, puis un parking. Un point fixé une fois pour toutes devient inutile à la phase suivante : il doit se démonter et se redéployer sans intervention lourde.
  • La poussière et les vibrations. Sciage, démolition, circulation d’engins : le matériel subit une ambiance qu’aucun local professionnel n’impose. Les fixations comptent autant que les équipements.
  • La coactivité. Plusieurs entreprises interviennent en même temps, avec des sous-traitants qui changent. Personne n’a la liste complète des présents, et c’est le problème que le contrôle des accès traite.
  • Le voisinage. Une sirène extérieure sur un chantier urbain, déclenchée à deux heures du matin par un chat, se termine en plainte au commissariat. L’alerte se transmet, elle ne s’annonce pas.
  • La fin de chantier. Le matériel se démonte, se contrôle et repart sur l’opération suivante. C’est ce qui distingue le plus nettement ce secteur : l’installation est prévue pour être déposée.

Une opération de longue durée pose ces questions autrement qu’un chantier de quelques semaines : l’installation y traverse plusieurs phases et plusieurs entreprises. C’est la situation des campus et bâtiments en travaux de Paris-Saclay, où le chantier voisine avec des sites déjà en exploitation.

Rien de percé, rien de câblé en dur : une installation qui repart avec l’opération

Sur une opération de plusieurs mois avec base vie, zone de stockage et parc d’engins, tout est autonome et mobile. Alimentation propre au système, alerte transmise par liaison sans fil, chaque élément fixé sur un support déplaçable sans reprendre le câblage. Aucun percement dans l’ouvrage en construction.

La détection tient le socle, sur les trois zones qui concentrent la valeur : base vie, stock, engins. Elle est armée en dehors des heures de présence et transmet l’alerte sans manifestation sonore, pour ne pas réveiller un voisinage urbain.

Le portail vient ensuite : commande d’ouverture et signalement d’état, ce qui ferme la voie d’entrée la plus simple aux heures creuses.

Les caméras arrivent en dernier. Leurs contraintes propres (mât, autonomie, redéploiement) sont détaillées sur la page vidéosurveillance de chantier. La façon de choisir un champ, elle, ne diffère pas de celle décrite pour la vidéosurveillance d’entreprise : sur un chantier, ce sont le support, l’énergie et la durée de vie du point qui changent.

Sur un site où personne n’est présent la nuit, le raccordement à un centre de télésurveillance est la condition pour qu’une alerte produise un effet. Secureo installe et raccorde le système ; l’exploitation relève d’un opérateur spécialisé, sous contrat distinct.

Transmetteur de télésurveillance et module de communication dans un coffret mural ouvert

Faire étudier la protection de mon opération

Détecter au périmètre, alerter sur la base vie, savoir qui est présent

  • Alarme intrusion professionnelle

    Détection autonome sur base vie, stock et parc d’engins. Alerte transmise, plutôt qu’annoncée par une sirène en site urbain.

  • Protection périmétrique

    Tronçons de clôture réellement franchissables, portail, lignes de franchissement. Repérage refait à chaque phase.

  • Contrôle d’accès entreprise

    Savoir qui est sur l’opération quand plusieurs entreprises interviennent en même temps.

Sur un chantier, les personnes filmées ne travaillent pas toutes pour vous

L’information est due à tous les intervenants, quel que soit leur employeur. Sur une opération se croisent des salariés de l’entreprise générale, ceux de plusieurs sous-traitants, des intérimaires, des livreurs et des intervenants du maître d’ouvrage. L’affichage à l’entrée du chantier et la mention dans les documents d’accueil sur site sont les deux vecteurs habituels.

Pour vos propres salariés, l’article L. 1222-4 du code du travail impose qu’aucune information les concernant personnellement ne soit collectée par un dispositif qui ne leur a pas été porté préalablement à leur connaissance. La CNIL rappelle par ailleurs qu’un dispositif ne peut pas avoir pour finalité la surveillance continue de l’activité des salariés, et que les espaces de pause et de repos ainsi que les sanitaires sont exclus du champ des caméras : sur un chantier, cela vise directement le cantonnement et les vestiaires.

Point à trancher avant l’installation : faut-il une autorisation préfectorale ? Un chantier clos n’est pas un lieu ouvert au public, et le régime des articles L. 251-1 et suivants du code de la sécurité intérieure ne s’applique pas de plein droit. En revanche, dès qu’un point couvre le trottoir, la chaussée ou une emprise publique attenante, ce qu’une emprise urbaine serrée rend difficile à éviter, le dossier se dépose auprès de la préfecture, par le formulaire Cerfa n° 13806 ou le téléservice dédié.

Un point de vocabulaire, enfin, parce qu’il génère beaucoup de confusion : la surveillance à distance des biens est une activité privée de sécurité réglementée par le livre VI du code de la sécurité intérieure, soumise à autorisation et au contrôle du CNAPS ; Secureo ne l’exerce pas. Secureo est installateur de sécurité électronique : nous posons et raccordons les équipements, l’exploitation relève d’un opérateur autorisé pour cette activité.

Ces éléments sont d’ordre général et ne valent pas analyse de conformité de votre opération.

Ce qu’une opération de travaux paie en premier : sa durée et ses phases

Facteurs de variation du budget pour un chantier. Aucun tarif n’est indiqué.
Facteur Effet sur le budget À vérifier
Durée de l’opération Un matériel prévu pour être déposé et redéployé se dimensionne autrement qu’un équipement définitif. Distinguer clairement ce qui restera au bâtiment livré de ce qui repartira.
Nombre de phases avec déplacement de zones Chaque redéploiement est une intervention à prévoir dès l’étude. Faire figurer les phases au planning de l’installateur, pas seulement au planning travaux.
Absence d’alimentation stabilisée Impose des équipements autonomes en énergie, avec leur propre entretien. Vérifier l’exposition solaire réelle avant de compter sur un apport photovoltaïque.
Qualité de la couverture mobile sur site Conditionne la transmission des alertes et, le cas échéant, la remontée d’images. Faire un relevé de couverture sur place, à l’endroit exact des points prévus.
Linéaire de clôture réellement franchissable Détermine le nombre de lignes de détection, bien plus que le périmètre total. Un mur mitoyen aveugle ne se traite pas comme un panneau de clôture bâché.
Nombre d’entreprises intervenantes Pèse sur la gestion des accès et sur l’administration quotidienne du système. Désigner un responsable des droits d’accès dès la préparation de chantier.

Ce qui se règle en préparation de chantier

Comment protéger un site qui n’a ni électricité ni connexion filaire ?

Avec des équipements autonomes : alimentation par batterie, éventuellement complétée par un apport solaire, et transmission par liaison mobile. C’est le mode de fonctionnement normal sur ce type d’opération, pas une solution de repli. Les deux points à vérifier avant l’étude sont l’exposition réelle des supports envisagés et la couverture mobile mesurée à l’endroit exact des points, pas au bureau de chantier.

Que deviennent les détecteurs quand la zone de stockage se déplace ?

Il se déplace avec elle. C’est la raison pour laquelle on ne câble rien en dur sur ce type de site : les supports sont conçus pour être déposés et reposés. La règle que nous appliquons est de faire figurer les phases de travaux au planning de l’installateur dès la préparation, pour que le redéploiement soit une intervention prévue et non une urgence découverte un lundi matin.

Faut-il une autorisation pour filmer depuis un chantier urbain ?

Si un champ couvre le trottoir ou la chaussée, oui : la demande se dépose auprès de la préfecture du département, par le formulaire Cerfa n° 13806 ou le téléservice dédié. Sur une emprise urbaine serrée, c’est difficile à éviter. Nous préparons les éléments techniques du dossier (plan d’implantation, champs de vision, nombre de points), mais le dépôt et la décision relèvent du maître d’ouvrage et de la préfecture.

Peut-on suivre l’avancement des travaux avec les mêmes caméras ?

Techniquement, oui. Juridiquement, cela change la finalité du traitement : suivre un avancement n’est pas prévenir une intrusion, et cette seconde finalité doit être déclarée, portée à la connaissance des personnes et inscrite au registre. Surtout, elle ne doit pas glisser vers l’observation du travail des compagnons, ce que la réglementation n’autorise pas. Nous préférons que ce soit dit avant plutôt que découvert en cours d’opération.

Une sirène est-elle utile sur un chantier ?

Peu, et plutôt contre-productive en milieu urbain. Un chantier est vide : personne n’entend, sauf les riverains, qui finissent par demander la coupure de la sirène. L’alerte doit partir plutôt que s’annoncer. C’est aussi ce qui donne tout son sens au raccordement à un centre de télésurveillance sur ce type de site : il n’y a personne sur place pour recevoir l’information.

Qui doit être informé quand plusieurs entreprises interviennent ?

Tout le monde, y compris les salariés des sous-traitants et les intérimaires. L’information ne dépend pas du lien contractuel entre la personne et vous, mais du fait qu’elle est concernée par le dispositif. En pratique, cela passe par un affichage lisible dès l’entrée du chantier et par une mention dans l’accueil sécurité de chaque nouvelle entreprise, avec la finalité, la durée de conservation et le contact du responsable.