Confinement en ERP : comment s’organiser face à une menace ?
Confiner, c’est garder le public et le personnel à l’abri à l’intérieur quand une menace, individu armé, intrusion violente ou attaque à proximité, rend la sortie plus dangereuse que l’attente. Dans un ERP, le confinement se prépare par écrit avant l’incident : zones de repli, signal distinct de l’alarme incendie, personne qui décide, lien avec le 17. Il n’est pas question ici de confinement sanitaire.
Quand faut-il confiner plutôt qu’évacuer ?
La fiche du SGDSN consacrée au sujet pose la règle : le confinement est envisageable si l’attaque est extérieure au site, ou si elle survient à l’intérieur mais que s’échapper semble trop dangereux. La réponse n’est pas figée et doit s’adapter aux circonstances. La partie publique du plan Vigipirate ajoute une précision utile : en cas d’attaque interne, il n’est pas recommandé d’imposer une réaction unique à tout le site. Certaines personnes peuvent sortir facilement, d’autres non.
| Situation | Réaction recommandée | Source |
|---|---|---|
| Attaque à l’extérieur, à proximité du site | Confinement | SGDSN, fiche confinement ; plan Vigipirate |
| Attaque à l’intérieur, danger localisé, sortie sûre | S’échapper | SGDSN, guide « Faire face ensemble » |
| Attaque à l’intérieur, fuite impossible | Se cacher, s’enfermer, se barricader, puis alerter | SGDSN, guide « Faire face ensemble » |
| Alerte à la bombe | Même réaction qu’une alerte incendie | Plan Vigipirate, édition 2026 |
Le premier geste d’un exploitant consiste donc à décider, pour chaque zone du bâtiment, laquelle de ces réactions s’applique ; l’équipement vient après. Un accueil de plain-pied ouvrant sur la rue et une salle en fond de bâtiment n’auront pas la même consigne.
Le contrôle d’accès est l’outil qui rend ces consignes applicables : fermer l’entrée, garder les sorties libres, savoir quelles portes sont ouvertes. C’est l’objet de notre page sur le contrôle d’accès d’entreprise, dont le confinement est un cas d’usage.
Un plan de confinement est-il obligatoire pour un ERP ?
La réponse dépend de l’établissement.
Les écoles, collèges et lycées ont une obligation précise. Depuis la circulaire interministérielle du 8 juin 2023, le plan particulier de mise en sûreté (PPMS) est unifié : il réunit les risques majeurs et l’attentat-intrusion. Chaque école ou établissement réalise au moins deux exercices PPMS par an, distincts des exercices incendie : l’un en septembre-octobre, l’autre avant les vacances d’hiver. Le modèle de PPMS diffusé en février 2024 ajoute qu’il dispose d’au moins deux moyens d’alerte connus, audibles de tous et partout, et distincts de l’alarme incendie.
Un commerce, un hôtel, un restaurant ou des bureaux recevant du public relèvent du chapitre du code de la construction consacré aux ERP. Son objet, fixé par l’article R143-1, est la sécurité contre les risques d’incendie et de panique, et le registre qu’il impose (article R143-44) recense les exercices de sécurité incendie. Face à une menace, la référence est constituée des fiches du SGDSN, adressées aux responsables d’établissements accueillant du public sous forme de recommandations.
L’employeur n’est pas pour autant sans obligation. Son obligation générale de sécurité (article L4121-1 du code du travail) et l’évaluation des risques consignée au document unique (article R4121-1) couvrent les risques auxquels l’activité expose ses salariés. Pour un commerce de centre-ville ou un hôtel, une agression ou une intrusion violente en fait partie : le document unique est le bon support pour décrire le scénario et renvoyer à la procédure.
Une procédure de confinement repose sur des portes qui se ferment vite côté entrée et restent libres côté sortie. C’est le point de départ de toute étude de contrôle d’accès en entreprise que nous menons dans un établissement recevant du public.
Que doit contenir le plan de mise en sûreté ?
La fiche SGDSN de 2017 parle d’un « plan de mise en sûreté » et précise que ses recommandations sont tirées de plusieurs confinements réels survenus cette année-là. Le plan prévoit :
- les missions de chaque membre du personnel, y compris selon les périodes de l’année : jours fériés, horaires atypiques, vacances scolaires ;
- les zones possibles de confinement ;
- les coordonnées des forces de sécurité intérieure les plus proches ;
- la reprise de l’activité normale après l’incident.
La même fiche demande de désigner un responsable, d’identifier des personnels de confiance capables d’accueillir et de rassurer le public, de sensibiliser le personnel plusieurs fois dans l’année, et de prévoir des exercices à différentes périodes, y compris le week-end et en effectif réduit.
Le guide « Faire face ensemble » consacré à la sûreté des espaces publics (SGDSN, décembre 2021) propose de formaliser le tout dans un plan de sécurisation d’établissement (PSE), en quatre chapitres : analyse des risques, sécurisation en temps normal, sécurisation complémentaire en cas d’attentat ou de crise locale, maintien en condition opérationnelle. Une consigne du guide mérite attention, car ce document décrit vos vulnérabilités : il porte la mention « diffusion limitée » et ne se publie ni sur internet, ni sur un intranet qui ne distingue pas les accès personne par personne.
Le cas d’un petit commerce sans service de sécurité
Avec deux ou trois personnes en caisse, le plan tient sur une page. Elle répond à quatre questions : qui ferme l’entrée et comment, où se réfugier (une réserve ou un bureau qui se verrouille de l’intérieur sans clé), qui appelle le 17, qui prévient les commerces voisins. La fiche SGDSN recommande d’ailleurs de prévenir les sites voisins une fois à l’abri.
Comment choisir et préparer une zone de confinement ?
Le SGDSN recommande d’identifier plusieurs zones, « mécaniquement sanctuarisables », si possible avec un point d’eau et des toilettes. Le plan Vigipirate ajoute qu’elles doivent être connues de tous, et que la fermeture des portes peut être renforcée à moindre coût. Le modèle de PPMS de l’Éducation nationale apporte un critère utile à tout ERP : plusieurs salles communicantes valent mieux qu’une seule grande salle, pour pouvoir isoler une personne et limiter la diffusion de l’anxiété.
Sur le terrain, on retient une pièce qui coche ces cases :
- une porte pleine qui se verrouille de l’intérieur par un bouton ou un verrou, sans clé à chercher ;
- pas de vitrage donnant sur une circulation, ou un vitrage occultable ;
- un moyen d’appeler et de recevoir des informations : téléphone, radio, interphone relié à l’accueil.
Verrouiller l’entrée sans condamner les sorties
Un confinement ne suspend pas le règlement de sécurité incendie. Tant que du public est présent, chaque porte de sortie reste manœuvrable de l’intérieur d’un seul geste, sans clé ni badge (article CO 45). Une ventouse sur une issue de secours suppose l’avis de la commission de sécurité et un déverrouillage automatique piloté par le système de sécurité incendie (article CO 46). Se protéger consiste donc à fermer l’entrée, jamais la sortie.
Un contrôle d’accès bien conçu respecte cette hiérarchie. Une commande de fermeture générale suspend les droits d’entrée : badges sur les lecteurs extérieurs, ouverture à distance depuis l’interphone, plages d’ouverture libre programmées. Elle ne touche pas à la manœuvre de sortie. La fiche SGDSN sur la chaîne d’alerte le dit expressément : une solution technique ne doit en aucun cas interférer négativement avec les systèmes de sécurité incendie. La configuration se valide donc avec l’entreprise chargée de votre système de sécurité incendie avant la mise en service.
Comment donner l’alerte sans déclencher l’alarme incendie ?
La fiche « Chaîne d’alerte face à une menace » distingue deux mots que les procédures confondent. L’alerte signale l’existence d’un risque ou d’une menace. L’alarme incite un groupe de personnes, dans un espace déterminé, à adopter un comportement : évacuer ou se confiner. La fiche écarte aussi l’expression « alarme attentat » : la définition pénale de l’attentat est trop étroite, alors que la procédure vaut pour toute menace.
La fiche décrit l’enchaînement suivant.
- Un membre du personnel formé signale la menace, en précisant sa nature, son ampleur et l’attitude des personnes en cause. Le public ne doit pas pouvoir déclencher l’alerte lui-même, sauf à passer par un membre du personnel.
- Le directeur, ou la personne qu’il a habilitée et formée, identifie la situation de référence prévue au plan, déclenche le scénario associé et prévient les forces de sécurité par le 17. Un établissement doté d’un système technique de traitement de l’information peut convenir avec les forces locales d’un court délai de vérification, qui ne dépasse pas cinq minutes et qui est court-circuité en cas de signalements multiples.
- L’alarme est diffusée par un moyen technique ou humain capable de provoquer le confinement ou l’évacuation selon la position des personnes.
La même fiche le rappelle : l’alarme incendie ne doit pas être détournée de son objet, elle ferait sortir les occupants vers le danger. Le plan Vigipirate cite des moyens distincts : alarme sonore propre, message par haut-parleur, avertisseur lumineux, SMS. Il donne l’exemple de codes différents, trois longues sonneries pour une attaque extérieure, six pour une attaque dans le site. La fiche confinement conseille un message préenregistré, au ton le moins anxiogène possible, et un appel automatique des postes fixes ou un envoi de SMS au personnel.
Côté équipement, un bouton d’alerte discret à l’accueil ou en caisse, relié à la centrale, peut servir la première étape. Les images de vos caméras aident à identifier la situation à la deuxième, à condition d’avoir arrêté à l’avance qui a le droit de visionner les images.
Comment se déroule puis se lève un confinement ?
La décision relève du bon sens, écrit le SGDSN. Elle revient le plus souvent au responsable de l’établissement, mais tout membre du personnel directement confronté à la situation peut la prendre. Une fois la décision prise, et selon le niveau de menace connu ou ressenti, la fiche liste les gestes suivants : bloquer les portes avec des moyens de fortune, éteindre les lumières, s’éloigner des portes et fenêtres, s’allonger au sol, imposer le silence et passer les téléphones en mode silencieux.
À l’abri, on prévient les forces de sécurité avec les informations essentielles : où, quoi, qui, combien, comment. On les tient informées des conditions du confinement. Le personnel rassure, répète les informations, indique un point d’eau ou des toilettes, et recommande au public de prévenir ses proches par message plutôt que par appel, pour ne pas saturer les réseaux, sans diffuser d’informations en temps réel sur les réseaux sociaux.
La levée n’appartient pas à l’exploitant. Elle attend l’autorisation des forces de sécurité intérieure, puis la sortie se fait sous encadrement, dans la direction indiquée par les autorités.
Pour l’entraînement, le guide « Faire face ensemble » distingue les exercices sur table et les exercices sur le terrain. Dans un ERP, il suggère de retenir un jour de fermeture ou de décaler l’ouverture un matin, et rappelle que la participation de partenaires extérieurs se fait sous l’autorité du préfet, à Paris du préfet de police.
Pour savoir quels textes relèvent de l’incendie et lesquels de la malveillance, voir ce qui sépare la sûreté de la sécurité ; pour situer votre établissement, la définition et les catégories d’ERP.
L’avis de l’équipe Secureo
Un bouton ou une sirène ne fait pas un confinement. Notre visite commence par un tour des portes avec l’exploitant. Pour chacune, nous notons trois choses : se ferme-t-elle de l’intérieur sans clé, reste-t-elle manœuvrable en sortie, peut-on la commander à distance. Il arrive que la pièce prévue pour se replier ne ferme qu’avec une clé rangée ailleurs. Ce défaut se corrige parfois simplement, avec une serrure adaptée ou un réglage du contrôle d’accès existant.
Questions fréquentes sur le confinement en ERP
Faut-il déclencher l’alarme incendie en cas d’intrusion armée ?
Non. Elle provoquerait une évacuation vers le danger. La fiche SGDSN sur la chaîne d’alerte demande de ne pas la détourner de son objet, et le plan Vigipirate prévoit une alarme sonore distincte.
Combien de temps dure un confinement ?
Jusqu’à ce que les forces de sécurité intérieure autorisent la levée. Aucune durée ne peut être fixée à l’avance, d’où l’intérêt d’une zone dotée d’un point d’eau et de toilettes.
Quelle différence avec le confinement de la période Covid ?
Aucun rapport. Les fermetures d’établissements décidées pendant l’épidémie relevaient de textes sanitaires. Le confinement décrit ici est une mise à l’abri de quelques minutes à quelques heures face à une menace.
Où trouver les documents officiels ?
Sur le site du SGDSN, rubrique publications, avec la fiche « Organiser un confinement face à une menace terroriste » et la fiche « Chaîne d’alerte face à une menace ». Le référent sûreté de la police ou de la gendarmerie de votre département peut aussi être sollicité.
Vous voulez pouvoir fermer vos accès en quelques secondes sans bloquer une seule sortie ? Nous passons vos portes en revue une par une, puis nous proposons le verrouillage, l’interphonie et les boutons d’alerte adaptés à votre procédure. Contrôle d’accès d’entreprise : audit gratuit et sans engagement, à Paris et en Île-de-France. Par téléphone au 01 48 45 17 71.
Information générale, à jour au 6 octobre 2026. Elle ne remplace ni les consignes des forces de sécurité intérieure, ni l’avis de la commission de sécurité sur vos issues. Sources : SGDSN, « Organiser un confinement face à une menace terroriste », 18 septembre 2017 ; SGDSN, « Chaîne d’alerte face à une menace », septembre 2020 ; SGDSN, « Faire face ensemble. Guide des bonnes pratiques pour la sûreté des espaces publics », décembre 2021 ; plan Vigipirate, partie publique, édition de juin 2026 ; Éducation nationale, modèle de PPMS unifié, notice de février 2024, et circulaire interministérielle du 8 juin 2023 (BO n° 26 du 29 juin 2023) ; code de la construction et de l’habitation, articles R143-1 et R143-44 ; arrêté du 25 juin 1980, articles CO 45 et CO 46 ; code du travail, articles L4121-1 et R4121-1.
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