Caméras Hikvision ou Dahua : faut-il remplacer un parc existant ?
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Aucun texte français ou européen relevé n’impose à une entreprise de retirer des caméras Hikvision ou Dahua. Les États-Unis restreignent l’autorisation de leurs équipements de vidéosurveillance depuis novembre 2022, le gouvernement britannique ne les déploie plus sur ses sites sensibles, et plusieurs failles ont été activement exploitées : la décision dépend de l’exposition de votre réseau, des mises à jour et des exigences de vos clients.
Que reproche-t-on à Hikvision et Dahua, exactement ?
Deux choses distinctes, qu’il vaut mieux ne pas mélanger : des restrictions décidées par des États pour leurs propres besoins de sécurité, et des failles techniques publiées, dont certaines ont été exploitées. Le tableau rassemble les faits vérifiés sur les sources officielles.
| Source | Date | Ce qui est décidé ou constaté | Portée pour une PME française |
|---|---|---|---|
| Commission fédérale des communications (États-Unis), ordonnance FCC 22-84 | Adoptée le 11 novembre 2022, publiée le 25 novembre 2022 | Interdiction d’autoriser les équipements de vidéosurveillance produits par Hikvision et Dahua tant que la Commission n’a pas approuvé leurs mesures garantissant qu’ils ne seront pas vendus pour la sécurité publique, les bâtiments gouvernementaux, les infrastructures critiques ou la sécurité nationale ; mesure rattachée à la loi de défense américaine de 2019 (section 889) | Aucune obligation directe ; peut compter si un client ou une maison mère américaine impose ses propres règles d’achat |
| Commission fédérale des communications, décision FCC 25-71 | Adoptée le 28 octobre 2025 | Procédure permettant d’interdire, de façon ciblée, la poursuite de l’importation et de la vente d’équipements déjà autorisés de sociétés inscrites sur la liste des équipements couverts, dont Hikvision ; fin de l’intégration de leurs modules émetteurs dans d’autres appareils | Aucune obligation en France ; la mesure vise le marché américain |
| Gouvernement britannique, déclaration ministérielle écrite | 24 novembre 2022 | Les ministères cessent de déployer sur leurs sites sensibles les équipements de vidéosurveillance produits par des sociétés soumises à la loi chinoise sur le renseignement national ; les marques ne sont pas nommées | Aucune obligation ; mesure limitée aux ministères |
| CISA (États-Unis), catalogue des vulnérabilités exploitées | Entrées ajoutées le 10 janvier 2022, le 21 août 2024 et le 5 mars 2026 | CVE-2021-36260 (serveur web de caméras Hikvision) ; CVE-2021-33044 et CVE-2021-33045 (contournement d’authentification de caméras Dahua) ; CVE-2017-7921 (authentification de produits Hikvision) | Directe : un appareil resté sur un micrologiciel vulnérable et joignable depuis Internet est une cible connue |
Ce que nous n’avons pas trouvé compte autant. Au 15 octobre 2026, nous n’avons relevé aucun texte français ou européen qui interdise à une entreprise privée d’utiliser ces marques. Le RGPD s’applique en revanche à toute vidéosurveillance, quelle que soit la marque : son article 32 impose au responsable du traitement des mesures de sécurité adaptées au risque. Pour être transparents : Secureo installe notamment des caméras Dahua, Hikvision et Uniview. Cet article n’est ni une défense ni une mise en cause de ces fabricants ; il aide à décider pour un parc déjà posé, après un relevé d’un parc de caméras existant.
Votre parc est-il exposé ?
Les failles du tableau visent des versions précises de micrologiciel, et l’essentiel du risque tient à l’exposition du système. Cinq questions suffisent à situer un parc :
- L’enregistreur ou une caméra est-il joignable depuis Internet par une redirection de port ou par l’UPnP de la box ?
- De quand date la dernière mise à jour du micrologiciel de l’enregistreur et des caméras ?
- Le mot de passe d’origine a-t-il été changé, et chaque utilisateur a-t-il son propre compte ?
- Les caméras sont-elles sur le même réseau que les postes de travail ?
- Le fabricant publie-t-il encore des mises à jour pour ces modèles ?
Une seule réponse inquiétante ne condamne pas le matériel : la plupart se corrigent par un réglage. Les six réglages qui empêchent l’enregistreur de devenir une porte d’entrée sont détaillés dans notre guide NVR ou DVR : quel enregistreur choisir.
Avant de remplacer quoi que ce soit, faites inventorier les modèles, les versions de micrologiciel et les accès depuis l’extérieur. Notre relevé d’installation existante le fait sur place, gratuitement et sans engagement, et vous laisse un rapport écrit.
Vos clients ou votre assureur peuvent-ils l’exiger ?
C’est souvent par là que la question arrive. Un groupe américain qui applique ses propres règles d’achat à ses filiales ou sous-traitants, un donneur d’ordre public, un client exploitant un site sensible, un assureur qui interroge sur la sécurité informatique : chacun peut poser ses conditions dans un contrat, sans qu’aucune loi française ne les impose.
Relisez donc vos contrats clients, vos questionnaires de sécurité et votre police d’assurance avant de décider. Si une exigence existe, elle fixe la décision ; sinon, la grille ci-dessous suffit.
Garder, isoler ou remplacer : comment décider ?
| Situation constatée | Décision | Ce qui se fait |
|---|---|---|
| Modèles encore mis à jour, aucune exposition à Internet, comptes nominatifs | Garder | Mise à jour, revue annuelle des comptes et des accès |
| Matériel en bon état mais exposé, ou sur le réseau bureautique | Isoler | Fermeture des ports, réseau dédié, accès distant par tunnel chiffré, mots de passe changés |
| Modèles qui ne reçoivent plus de mises à jour | Remplacer par étapes | Zones les plus exposées d’abord, câblage conservé si sain |
| Exigence écrite d’un client, d’un donneur d’ordre ou d’un assureur | Appliquer l’exigence | Plan de remplacement daté, conservé avec le contrat |
| Enregistreur vieillissant mais caméras récentes | Remplacer l’enregistreur | Vérifier la compatibilité des caméras avant la commande |

Un remplacement complet du jour au lendemain se justifie rarement sur un site en activité. Le phasage par zones garde le site filmé pendant la transition et étale la dépense. Pour un parc réparti sur plusieurs sites, la supervision commune d’équipements de marques différentes est traitée dans notre guide sur l’hypervision de sûreté.
Caméras analogiques ou IP : quand le passage s’impose-t-il ?
Une partie des parcs anciens est en analogique, sur câble coaxial. Le coaxial sain se réutilise avec des caméras analogiques haute définition et un enregistreur hybride, qui accepte aussi quelques caméras IP : c’est une étape raisonnable quand le câblage est en bon état et difficile à refaire.
Le passage à l’IP s’impose dans trois cas : le câblage doit de toute façon être refait, le site a besoin d’une résolution ou de fonctions que l’analogique ne porte pas, ou l’enregistreur hybride n’est plus mis à jour. Un câble réseau unique alimente alors la caméra et transporte l’image ; les critères de choix sont présentés sur notre page consacrée à la caméra IP professionnelle.
Que garder si vous remplacez ?
Beaucoup plus que les caméras ne le laissent penser. Le câblage, les cheminements, les supports et les coffrets représentent souvent la part la plus coûteuse à refaire ; s’ils sont sains, ils restent. Les disques de l’enregistreur se gardent rarement, mais les réglages qui ont fait leurs preuves (cadrages, durée de conservation, comptes) se reportent sur le nouveau matériel.
Une caméra d’une autre marque peut fonctionner sur l’enregistreur conservé grâce au standard ONVIF, avec des fonctions en moins. Un test sur une caméra avant la commande évite les surprises. Dans un local repris avec un parc dont personne n’a les codes, la démarche commence par l’accès, comme pour l’alarme : voir notre guide sur l’alarme laissée par l’ancien locataire.
L’avis de l’équipe Secureo
Sur un parc existant, nous regardons d’abord l’installation, avant le fabricant : un enregistreur joignable depuis Internet par une redirection de port oubliée, un micrologiciel jamais mis à jour, un compte administrateur partagé par toute l’équipe. Ces trois points se corrigent en une intervention. La question de la marque se pose ensuite, et elle se tranche avec vos contrats sous les yeux.
Questions fréquentes sur les caméras Hikvision et Dahua
Les caméras Hikvision sont-elles interdites en France ?
Nous n’avons relevé, au 15 octobre 2026, aucun texte français ou européen qui interdise à une entreprise privée d’utiliser des caméras Hikvision ou Dahua. Les restrictions connues sont américaines et britanniques, et visent d’abord l’État et les usages de sécurité publique.
Pourquoi Hikvision et Dahua sont-ils restreints aux États-Unis ?
Par l’ordonnance FCC 22-84 adoptée le 11 novembre 2022, la Commission fédérale des communications interdit d’autoriser leurs équipements de vidéosurveillance tant que les fabricants n’ont pas fait approuver des mesures garantissant qu’ils ne seront pas vendus pour la sécurité publique, les bâtiments gouvernementaux, les infrastructures critiques ou la sécurité nationale.
Comment réinitialiser une caméra Hikvision ?
Sur un appareil qui vous appartient, par la procédure du fabricant, décrite sur son site d’assistance, avec le numéro de série de l’appareil. Une réinitialisation efface les réglages : notez le cadrage, les comptes et l’enregistrement avant, et changez immédiatement le mot de passe d’origine après.
Faut-il remplacer des caméras analogiques par de l’IP ?
Pas forcément. Sur un câblage coaxial sain, des caméras analogiques haute définition et un enregistreur hybride prolongent l’installation. Le passage à l’IP s’impose quand le câblage est à refaire, quand il faut des fonctions que l’analogique ne porte pas, ou quand l’enregistreur n’est plus mis à jour.
Un parc de caméras dont vous ne savez plus s’il faut le garder ? Nous relevons modèles, micrologiciels, exposition réseau et câblage, puis nous écrivons ce qui se garde, s’isole ou se remplace, zone par zone. Reprise d’installation existante, relevé gratuit et sans engagement, à Paris et en Île-de-France. Par téléphone au 01 48 45 17 71.
Information générale, à jour au 3 novembre 2026. Sujet évolutif : les mesures étrangères et le catalogue des vulnérabilités sont cités dans leur état au 15 octobre 2026. Sources : Federal Communications Commission, FCC 22-84, adoptée le 11 novembre 2022, et FCC 25-71, adoptée le 28 octobre 2025 (communiqué de la Commission du même jour) ; CISA, Known Exploited Vulnerabilities Catalog, version du 14 octobre 2026, relue le 15 octobre 2026 ; Biometrics and Surveillance Camera Commissioner, rapport annuel 2022-2023, citant la déclaration ministérielle écrite du 24 novembre 2022 ; RGPD, article 32.




